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Le charbon au Cap Breton: La croissance de l’industrie et de l’immigration

Le Musée Des Mineurs au Cap Breton

A photograph of coal workers in front of a machine shop. The Cape Breton Miners' Museum.

L’arrivée de la grande-époque du charbon et de l’acier au Cap Breton, ainsi qu’à leurs investissements dans ces industries, a entrainé l’une des plus grandes explosions de population que l’île n’ait jamais connue.

En 1889, Sydney était un petit centre administratif et commercial pour les régions rurales environnantes, mais en 1891, seulement deux ans plus tard, Sydney s’est classé au 74ème rang des plus grands centres de population au Canada. Dix ans plus tard, en 1901, Sydney s’est placé au 28ème rang et Glace Bay au 46ème rang par rapport à d’autres centres de la population canadienne. A la fin de la période de croissance liée au charbon et à l’acier, Sydney était la 21ème plus grande municipalité au Canada et Glace Bay, la 22ème. En tout juste vingt ans, la population de Sydney et des villes environnante avait augmenté de quarante pour cent.

A photograph of the Port Morien loading piers.Port Morien, 1880s.
The Cape Breton Miners' Museum.

Avant le 20ème siècle, l’extraction du charbon était encore pratiqué sur une petite échelle et d’une façon assez inefficace. L’extraction du charbon était une industrie saisonnière attirant les hommes des zones rurales du Cap Breton et de Terre-Neuve au printemps, alors qu’ils rentraient chez eux en hiver. L’aspect saisonnier des activités minières au Cap Breton permet d’expliquer pourquoi la croissance initiale de l’industrie du Cap Breton était un résultat de l’exode rural comme beaucoup ont été attirés à partir de régions éloignées.

Avec les gens du Cap Breton, les hommes de Terre-Neuve one constitué le second groupe le plus susceptible de trouver du travail dans les mines. Comme il est devenu clair que le charbon allait constituer l’un des principaux besoins de l’industrie moderne, l’extraction du charbon et ses industries dérivées sont devenues rapidement des catalyseurs de l’expansion de la population de l’île et du développement de sa culture. Avec la création de la Dominion Coal Company en 1893 et celle de la Dominion Iron and Steel Corporation en 1909, l’extraction du charbon et la fabrication de l’acier sont entrées dans une ère nouvelle et l’immigration est devenue évidente.


La campagne de la Dominion Coal Company pour les nouveaux canadiens

A photograph of office workers.Dominion Coal Company.
The Cape Breton Miners' Museum.

À la fin des années 1890 et au début des années 1900, le Ministre de l’Intérieur du Canada, Sir Clifford Sifton a mis en œuvre une vigoureuse campagne pour attirer de nouveaux immigrants afin de répondre aux besoins du pays en matière d’emploi. Beaucoup ont été attirés par une campagne de recrutement organisée dans les pays étrangers engagée par la Dominion Coal Company et la Dominion Iron and Steel Corporation. Les agents de ces compagnies étaient souvent placés aux points stratégiques d’arrivées avec des messages comme celui-ci:

La Dominion Coal Company de Sydney (sic) située en Amérique du Nord s’engage à fournir un emploi, pour lequel vous serez payé de 2 à 5 dollars par jour. Les émigrants devront se rendre à Trieste et y signer les contrats définissant leurs futurs emplois et salaires. Les frais de voyage par bateau à vapeur s’élevant à 50 dollars sont payés d’avance.

Il est sûr de dire que les nouveaux immigrants au Cap Breton étaient attirés par les possibilités d’emploi, mais aussi certains événements du monde ont également joué un rôle dans leur venue, comme ils cherchaient une nouvelle patrie afin d’échapper aux mauvaises conditions de leurs pays d’origine.

A photograph of a typical miner's cottage.La maison des mineurs, Sydney Mines.
The Cape Breton Miners' Museum

Beaucoup d’immigrants libanais cherchaient à fuir l’oppression turque tandis que les ukrainiens quittaient leur patrie, frustrés qu’ils étaient par l’administration polonaise. Les principaux groupes d’immigrants ukrainiens sont arrivés en 1904, 1907 et 1912 pour travailler à l’aciérie tandis que d’autres allaient extraire le charbon dans les mines de Glace Bay et de Dominion. Certains lithuaniens venaient dans l’espoir d’éviter la conscription; le plus grand nombre d’entre eux est arrivé en 1906 pour travailler dans les mines de Sydney Mines. Les immigrants juifs ont pu échapper à la persécution, aux mauvaises conditions en Europe de l’est et à la peur de la conscription. La plus grande vague d’immigrants juifs est arrivée entre 1906 et 1912 et beaucoup s’établirent à Whitney Pier et ouvrirent de petits commerces.

En dépit de tous leurs efforts et de leurs espoirs d’une vie nouvelle, la transition pour ces nouveaux immigrants de la région industrielle du Cap Breton n’a pas toujours été facile. Par rapport à ceux qui étaient venus des régions rurales du Cap Breton et de Terre-Neuve, les nouveaux arrivés de l’Europe continentale et des Indes Occidentales ont rencontré des conditions locales cruelles et ils ont eu plus de difficultés que leurs homologues canadiens à s’adapter à leur nouveau domicile et à leur travail. En septembre 1904, La Gazette du Travail (the Labour Gazette) a rapporté que de nombreux mineurs qui avaient immigré au Cap Breton avaient été déçus et étaient retournés chez eux ou étaient partis vers l’ouest.

Les tensions ethniques et les premiers accommodements

De gauche à la droite: Anthony Kubik, John Verbeski, Joe Wujeck, John Surgaruta, John Sumara, Joe Nalepka, Frank Bryzski, Joe Mleczko, Glace Bay, 1916.De gauche à la droite: Anthony Kubik, John Verbeski, Joe Wujeck, John Surgaruta, John Sumara, Joe Nalepka, Frank Bryzski, Joe Mleczko, Glace Bay, 1916.
The Cape Breton Miners' Museum.

En cette période d’immigration, il fallait trouver des accommodements entre la communauté existante et les immigrants eux-mêmes, ce fut une période non sans tensions raciales. Il y avait un sentiment partagé par beaucoup de gens du Cap Breton comme quoi l’afflux d’étrangers mettait en danger leur niveau de vie. Les actes criminels et de violence n’étaient pas rares. Les médias, influencés par leurs lecteurs, reflétaient les vues du public et rappelaient divers sentiments anti-immigrés. Souvent, l’anglicisation des noms étrangers, a fait partie du processus d’assimilation; LaFargue est devenu LeForte, Grinevicius est devenu Green et Porrier est devenu Perry.

A photograph of the bankhead which served the number three and number eleven collieries. The Cape Breton Miners' Museum.

En raison du grand nombre des gens de la campagne du Cape Breton qui étaient d’origine écossaise dans les villes minières au début de la période d’expansion, la langue dominante parmi d’autres dans les mines était le gaélique. Tout au long de la première décennie du 20ème siècle, leur langue et leur culture ont combattu les pressions de l’assimilation mais finalement a gagné le sentiment (souvent de la part d’une élite anglaise) que la langue gaélique était culturellement et socialement inférieure. C’est la rapide urbanisation et l’industrialisation des villes qui ont entraîné le déclin de la langue gaélique dans les zones urbaines et éventuellement rurales du Cap Breton.     

Dans les années 1920, les tensions entre les groupes ethniques dans la communauté minière ont commencé à diminuer. Cela était dû en partie aux restrictions apportées aux engagements effectués par la compagnie minière par le Ministre Canadien de l’immigration, et aussi au commencement de la première guerre mondiale en 1914, ce qui a ralenti les mouvements de population et la croissance industrielle.


Formes d’établissement et cohésion sociale

A photograph of coal workers.1925
The Cape Breton Miners' Museum.

La Dominion Coal Company avait tendance à employer des personnes des groupes ethniques semblables à la même mine, de plus ces gens étaient logés aux mêmes endroits et ainsi toujours réunis ensemble formant « des poches ethniques ». L’étendu du bassin houiller du Cap Breton est très compact en lui-même, et cela a contribué à centraliser et à concentrer l’habitat.

Voice des exemples de ce modèle d’établissement, il peut être vu par exemple dans le quartier Sterling de Glace Bay, qui a été le plus souvent habité par des noirs. De même, de nombreux Terre-Neuviens ont travaillé et se sont installés près de la Mine Numéro Deux à Dominion. Whitney Pier dans les faubourgs de Sydney a été développé par la Dominion Steel and Iron Corporation et de nombreux étrangers en particulier des juifs et des noirs immigrés des Indes Occidentales vivaient là dans des maisons appartenant à la compagnie. Grâce à ces concentrations, les gens se sont adaptés plus facilement puisqu’ils n’avaient à traiter qu’avec les mêmes fonctionnaires, ceux de la mine ou ceux de l’aciérie, et ils pouvaient rester ensemble.

Dès que chaque groupe ethnique arrivait, il tentait rapidement d’établir sa propre église. La religion était devenue à la fois un lien spirituel et social, ce qui renforçait les liens entre les membres des groupes ethniques qui avaient le même héritage. Les gens d’origine écossaise qui pratiquaient la religion catholique étaient les plus nombreux. En effet, c’était la confession catholique qui était la plus importante. Dans la Réserve, elle représentait 77,6% de la pratique religieuse, à Dominion, 70,5% et à New Waterford, 68,7%. Les presbytériens formaient le deuxième groupe le plus important dans plusieurs villes et cette confession était aussi affiliée aux personnes d’origine écossaise.

A photograph of a coal worker.1940s-1960s
The Cape Breton Miners' Museum.

Dans les années 1920, un certain nombre de confréries et d’associations de bienfaisance ont également vu le jour dans toutes les villes minières. Ces groupes allaient de l’ordre ancien des Hiberniens aux Compagnons des Chevaliers de Colomb et à la Loge Loyale Orange. Ces groupes ont joué un rôle important dans la vie sociale de la communauté en offrant et en organisant des pique-niques, des concerts, des jeux et des activités sportives pour leurs clients et les membres de la communauté.

Des sociétés ont également été formées parmi ceux de certaines nationalités et ethnies. Les Britanniques, à Sydney Mines, ont formé « ;La Société Sociale, Littéraire et de Bienfaisances des Fils des Îles Britanniques,» une société dédiée à «l’amélioration spirituelle, morale, mentale et sociale de ses membres ». Les familles Acadiennes à New Waterford et à Reserve Mines ont établi des succursales de « La Société L’Assomption » et elles ont réalisé l’établissement d’une classe bilingue dans le système scolaire de la ville. En 1918, les mineurs noirs du quartier Sterling de Glace Bay ont fondé une succursale de « ;L’Association Universelle d’Amélioration des Noirs » et la « Ligue de la Communauté Africaine ».

Lasting Impacts

A photograph of union members. The Cape Breton Miners' Museum.

Dans les années 1920, pour de nombreux immigrés et leurs familles qui étaient arrivés dans les années 1890, le Cap Breton était en train de devenir leur chez eux et peut-être même une « nationalité ». Le taux de croissance phénoménal de la population de l’île dans les années 1890 et au début des années 1900 a pris fin avec le début de la première guerre mondiale. À ce moment, le mode de vie industriel avait pris forme : de nouveaux liens et loisirs dans le sport, la musique et les organisations communautaires avaient été élaborés. Venait s’ajouter à cela, la formation des syndicats et des magasins coopératives, ce qui a rendu la vie plus facile tant pour les immigrés que pour les natifs du Cap Breton.

Bien que l’immigration se soit ralentie, l’industrie du charbon est encore un gros employeur et le restera pour de nombreuses années à venir. L’immigration qui a commencé comme un moyen de fournir du personnel à l’industrie houillère du Cap Breton en plein essor poursuivra longtemps son impact sur la composition ethnique, les formes d’établissement, la culture et le patrimoine de l’île du Cap Breton.

Ce portrait du rôle de l’immigration et de l’industrie houillère du Cap Breton a été fourni par le Musée des Mineurs du Cap Breton.

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© C@P Society of Cape Breton County, 2009

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