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Les Débuts du Commerce À L’Île Madame

Isle Madame Historical Society

L’Île Madame est une île située entre la Nouvelle-Écosse continentale et l’île du Cap Breton. L’Île Madame fait vingt kilomètres de large et quatorze kilomètres de long. Les quatre principales villes de l’île sont Arichat, West Arichat, D’Escousse et Petit-de-Grat. Avec de bons abris portuaires et des accès faciles aux richesses de la mer, la pêche est devenue la principale industrie de la région de l’Île Madame. Beaucoup de résidents de l’Île Madame ont pris la mer comme pêcheurs, marchands ou capitaines de la marine marchande. L’industrie du transport maritime a rendu possible un grand nombre d’activités le long des côtes, ce qui comprenait des forges locales, des chantiers navals, des usines de transformation et des magasins d’approvisionnement.

Les affaires de la famille Robin

Le magasin Robin sur la rue principale d'Arichat.Le magasin Robin sur la rue principale d'Arichat.
Don Boudrot and the Isle Madame Historical Society

L’origine de la famille Robin se trouve à Saint-Hélier, dans l’Île de Jersey, l’une des îles de la Manche, où l’aîné de trois frères, Philip était un riche marchand de poisson. En 1760, encouragés par les nouvelles de l’abondance de la morue en Amérique du Nord, lui et ses jeunes frères John et Charles, avec deux autres membres de la famille, les Pipon, ont constitué la Robin, Pipon and Company et ils ont acheté le brick de quarante-cinq tonnes Sea Flower, dans l’espoir de capitaliser les restes des établissements de pêche français, près de Louisbourg.

Faisant voile depuis Canso, John et Charles ont découvert un grand passage au sud vers un port dans la Baie de Chedabucto. Ce fut ici, au port d’Arichat, que Charles a fondé et nommé l’île de l’homme de Jersey, qu’il a développé un plan pour installer une pêcherie sur ce site. Une autre affaire de leurs entreprises, la Robin, Collas and Company, a acheté plus tard six bateaux de pêche pour les envoyer à l’île de l’homme de Jersey. La flotte de navires a augmenté jusqu’à trente bateaux et un grand nombre des Acadiens de l’Île Madame sont aujourd’hui les descendants des membres de l’équipage qui se sont installés ici.


Le magasin général de G.J. LeBlanc à Arichat.Le magasin général de G.J. LeBlanc à Arichat.
Don Boudrot and the Isle Madame Historical Society.

En 1790, la compagnie a déménagé vers l’est, de la côte sud du port, dans la propriété ayant successivement appartenue à Adam Arsenault, Cyril Boudreau, et maintenant détenue par Greg Boucher. Un magasin général a été créé pour répondre aux besoins des pêcheurs et de leurs familles. Malheureusement, le coût de la vie pour les besoins quotidiens essentiels dépassait les salaires de la plupart des employés de sorte qu’ils étaient constamment en dette vis-à-vis de la compagnie. Ce n’était pas étonnant puisque les travailleurs ne gagnaient qu’entre 35 à 50 cents pour une journée de travail de dix heures. Les pêcheurs recrutés à Jersey n’étaient pas autorisés à se marier à moins que leurs épouses restent en Europe; dans de tels cas, les hommes avaient droit à un congé de six mois tous les deux ans de service.

La morue était l’espèce de choix. La compagnie de Charles Robin achetait de la morue pour être nettoyée et séchée. Le poisson était ensuite pressé dans des barils pour faciliter son expédition vers les marchés des Indes Occidentales et de l’Amérique du Sud. Des bateaux de Jersey qui apportaient des marchandises à l’Île Madame pouvaient prendre des cargaisons de poisson séché et mettre le cap pour ces marchés du sud. En 1903, le magasin Robin, qui avait été construit en 1795, a été déplacé de la rive sud du port à la rue principale d’Arichat. Ce projet a été réalisé sous la direction de Laurence Mury de West Arichat. La main d’œuvre ouvrière et la force chevaline ont été mises à contribution de ce projet et la tâche a été achevée sans incident. Le bâtiment se composait de deux ailes avec le magasin au centre. Le deuxième entrepôt contenait des vêtements et servait à trier les marchandises. L’établissement Robin a été fermé en 1911 et la plupart des équipements et des marchandises ont été expédiés à Chéticamp. Lorsque le magasin Robin a définitivement fermé en 1913, il a été acheté par le Capitaine Thomas Boudreau et exploité par son épouse.


À Arichat

Le magasin général de John Jean à Arichat.Le magasin général de John Jean à Arichat.
Don Boudrot and the Isle Madame Historical Society

Bien des années après que John Robin ait débarqué d’abord à Arichat, plusieurs hommes d’affaires et des professionnels sont arrivés pour installer là leur chez eux. Parmi ceux-ci, il y avait le Capitaine Clément Hubert, John Jean Sr. et John Janvrin, tous ceux-là étaient impliqués dans l’industrie de la pêche et exploitaient des magasins généraux.

La population a augmenté régulièrement à partir des premières familles introduites dans la région par John Robin. Ces nouveaux colons étaient des Huguenots Français de Jersey dans les îles de la Manche. Certains des noms de ces nouveaux arrivants, y compris Beaudrot, Hubert, Jean, Fixott, Gruchy, Dorey, Janvrin, De Carteret et Robin sont toujours portés à Arichat aujourd’hui. Les immigrants en provenance des îles britanniques ont également fait leur chemin à Arichat.

Ces colons Britanniques et Huguenots Français étaient pour la plupart des membres de l’Église d’Angleterre. Les Catholiques immigrés d’origine française étaient soit des réfugiés de la chute de Louisbourg ou des Acadiens français qui sont retournés à Arichat de Saint-Pierre et Miquelon après l’expulsion de 1755.

Au cours de l’explosion du 19ième siècle, alors que les transports maritimes étaient extrêmement actifs, West Arichat et Arichat étaient des communautés prospères. La plus ancienne entreprise à Arichat (en 1890) était Le Brun Établissement I.G.A. connu comme «Le Brun’s Ltd» en 1863, elle avait été fondée par Jean M. LeBrun de Bréville, en France. John Jean dirigeait l’entreprise de «Jean, De Carteret et Levesconte» juste à l’ouest de la propriété LeBrun. Cette entreprise a géré un grand quai en eau profonde directement en-dessous de ses bureaux et d’une entreprise de marchandises générales, ce qui n’était pas une pratique rare pour beaucoup des premiers grossistes en poisson. La famille Donovan avait trois grands magasins dont l’un mesurait plus de 80 pieds en longueur! D’autres hommes et des femmes qui possédaient et exploitaient des magasins à Arichat au cours des années comprenaient Morton S. Binet, Maxime Forest, George J. Andrew, Dave Power, Charles W. Goyetche, Mme Julia Benoit, et le Capitaine C. D. Terrio.

Il est intéressant de noter un échantillon de prix pour des articles courants de l’année 1912: des bottes pour hommes, 3.00$, en vente au prix de 1.35$; des oxfords dongola pour femme: 1.60$, prix de vente 1.35$; des bottes pour garçons et filles, prix de vente: 95 cents; et douze mètres du meilleur tissu imprimé pour 1.15$. Du mobilier de la Société Vernon de Truro était facturé comme suit: coiffeuses avec glace et trois tiroirs en bois dur, 6,75$, lavabo avec tiroir et placard: 3,00$; coiffeuse avec glace ovale et deux tiroirs de style princesse: 10,00$. Un grand sac de bonbons mélangés du magasin Robin, Jones et Whitman pouvait être acheté pour cinq ou dix cents. Il convient de noter que les salaires à l’époque étaient également bas: les hommes gagnaient vingt cents de l’heure pour une journée de travail de dix heures à la compagnie Portland Fish Packing, située à l’ouest de la Forge LeNoir à Arichat.

À D’Escousse

Le magasin Levesconte a commencé comme une affaire de poisson salé.Le magasin Levesconte a commencé comme une affaire de poisson salé.
Don Boudrot and the Isle Madame Historical Society.

Au début des années 1900, les marchands de l’Île de Jersey établirent une entreprise à D’Escousse qui coïncida avec l’essor des activités portuaires du village. Comme port florissant, D’Escousse faisait face à la côte et un grand nombre de ses magasins et industries étaient situés sur le front de mer à proximité des quais. Les produits secs tels que le thé et les biscuits étaient expédiés dans d’énormes barils qui étaient ouverts plus tard et réemballés. Plusieurs fois, les navires étaient trop grands pour venir à quai et ils étaient déchargés sur des chaloupes qui apportaient la cargaison à terre. En hiver, la glace bloquait le port et le cargaison était déposée sur la glace. Les marchands devaient aller avec leurs charrettes à cheval pour récupérer leurs biens. Dans certains cas, les marchands préféraient recevoir leurs marchandises d’hiver à l’automne avant que ne s’installent les glaces. Des marchands tels que De Carteret et Levesconte, Morrison et Dunn ont installé des magasins qui utilisaient cette méthode de transport de marchandises.

À D’Escousse, la firme de W. J. Levesconte exploitait un commerce de poisson salé et un magasin général. Les Levesconte possédaient de nombreux bâtiments qui étaient utilisés dans le traitement du poisson salé. Le poisson salé était mis sur des claies et séché durant les mois d’été. Le poisson était ensuite expédié par bateaux vers les marchés des Antilles et d’Amérique du Sud. Au cours des dernières années, les acheteurs de poissons d’Halifax ont aussi négocié un certain pourcentage de poisson. En outre, les Levesconte ont exploité leurs propres navires et affrété des navires aux propriétaires de la côte Nord de l’Île Madame. Avec l’expansion de l’entreprise Levesconte, un fils de William Levesconte, William Jr., a ouvert une usine de transformation de poisson et un magasin général à River Bourgeois. William Levesconte Jr. a exploité cette entreprise pendant de nombreuses années et après sa mort, l’entreprise a été exploitée pendant quelques années par son fils ainé, Peter Levesconte.


Le magasin A. A. Brun à D'Escousse, une branche du magasin d'Arichat.Le magasin A. A. Brun à D'Escousse, une branche du magasin d'Arichat.
Don Boudrot and the Isle Madame Historical Society.

Le magasin général LeBrun à D’Escousse a été créé au début des années 1900 comme une succursale de la firme LeBrun d’Arichat. Après la mort de John LeBrun d’Arichat, son fils Arthur a repris l’entreprise. L’histoire de l’entreprise LeBrun remonte à plus d’un siècle, lorsque le regretté John LeBrun est venu d’un port de la côte de Normandie en France et qu’il s’est installé à Arichat. Ses premiers efforts dans les affaire étaient très modestes, mais John LeBrun était un homme d’affaires efficace et économe et son établissement a grandi rapidement. Avec l’entreprise d’Arichat installée aussi à D’Escousse, ces points de vente ensemble pouvaient desservir la totalité de l’Île Madame. À l’établissement de D’Escousse, une grande partie de la marchandise était livrée aux ménages de la côte nord de l’île Madame. Pendant de nombreuses années, le célèbre James Harley a été le livreur des magasins. Dans cet endroit, il y avait à certain moment, un bureau de poste, une épicerie et un magasin de chaussures, un salon de thé, et un magasin général.

Un magasin intéressant, situé à proximité du quai D’Escousse, était exploité par une dame nommée Carolyn Morrison. Dans sa toute petite boutique, elle vendait des articles religieux tels que des livres de prières, des croix et des médailles pieuses.

En face de ce petit magasin se trouvait le Morrison Grocery Store. Tout la farine, le sucre, le thé et d’autres marchandises sèches étaient stockés dans de grands tonneaux le long d’un côté du magasin et de gros bocaux de verre étaient toujours remplis à ras bords de bonbons.

La famille Dunn était propriétaire d’une boutique d’épicerie sèche qui était située au sommet de la colline près du croisement des routes de D’Escousse et de Rocky Bay. Mme Dunn, la femme de William Dunn, le forgeron, était la patronne de cette boutique spécialisée dans les beaux chapeaux et les vêtements. Les chapeaux étaient enveloppés dans du papier glacé, un témoignage muet de la prospérité que cette petite communauté avait déjà connue.

Ces extraits sont parus originellement dans le Historic Project 80 de la Société Historique de l’Île Madame, qui a été réalisé et achevé à l’été 1980, et The Days of Wooden Ships and Iron Men: A Brief History of Île Madame, par Don Boudrot, publié par la Isle Madame Historical Society en 2004.

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© C@P Society of Cape Breton County, 2009

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