Une Courte Histoire de Katharine McLennan, Conservateur Honoraire Du Musée de Louisbourg
Petersfield Estate, 192-.
Unknown. 82-928-7628. Beaton Institute, Cape Breton University.
Katharine McLennan (1892-1975) était une femme qui a développé et nourri de nombreux intérêts et soutenu toutes sortes de causes au cours de sa vie, dont la plupart ont été consacrés à l’amélioration de sa communauté. L’un de ses plus grands intérêts a été l’histoire, en particulier l’histoire de la Forteresse de Louisbourg en Nouvelle-Ecosse.
Avantagée par sa naissance dans la richesse et les privilèges, Katharine McLennan a été à l’école de nombreux voyages au Canada, aux Etats-Unis et en Europe, grâce à des tuteurs privés. Jusqu’aux débuts de ses vingt ans, elle a profité d’une vie bien protégée de voyages avec sa famille en hiver tandis qu’en été elle restait à la propriété des McLennan, à Petersfield au Cap Breton, en Nouvelle-Ecosse. En 1912, après la mort de sa mère Louise, Katharine a décidé d’assister son père, J. S. McLennan, dans sa recherche sur la Forteresse de Louisbourg qui devait être utilisée pour son livre, Louisbourg: De sa fondation à sa chute.
Ils ont voyagé à Londres, Paris, Boston et Ottawa, pour trouver de l’information qui pourrait aider à raconter l’histoire de la Forteresse de Louisbourg, y compris les combats qui y ont eu lieu et la vie au jour le jour des personnes qui vivaient à Louisbourg dans les années 1700. Au cours de cette recherche, Katharine a laborieusement copié à la main tous les documents qu’ils ont trouvés pour qu’ils puissent être disponibles pour J. S. McLennan au Cap Breton lorsque le livre serait écrit. Cette recherche a donné à Katharine un ancrage dans l’histoire de la Forteresse de Louisbourg et a probablement été le catalyseur qui a déclenché son intérêt pour le site.
Peu de temps après la Première Guerre Mondiale a commencé, et le seul frère de Katharine, Hugh, a été tué dans la bataille. Katharine a estimé qu’elle devait contribuer à l’effort de guerre et ainsi elle a rejoint la Croix-Rouge à titre d’aide-infirmière. Elle est allée en France pour travailler dans les hôpitaux de la Croix-Rouge situés à proximité de la ligne de front. Les anecdotes de la guerre, les photographies et les dessins qu’elle a gardés de ses trois années passées outre-mer ont eu un effet profond et durable sur cette jeune femme qui avait reçu une éducation victorienne très stable. Elle ne s’est jamais mariée mais elle a mené une vie très complète consacrée à un travail plein de défis et au service de la communauté.
Katharine, une Aide de l'Infrimière de Croix-Rouge.
The Cape Breton Regional Library.
Après la guerre, Katharine a aidé son père et d’autres passionnés de la Forteresse comme Archdeacon T. F. Draper de Louisbourg à poursuivre leurs efforts pour que le gouvernement fédéral décide de préserver le site de la Forteresse de Louisbourg. Elle a développé une passion pour les ruines de Louisbourg et elle a permis de financer et de gérer la construction d’un musée sur le site qui servira à montrer aux visiteurs la grandeur de la Forteresse et son importance pour l’histoire du Canada, de l’Angleterre, de la France et des Etats-Unis. Leurs travaux ont abouti à l’ouverture du Musée de Louisbourg en 1936. Katharine a été nommée Conservateur Honoraire du musée et elle a assumé cette fonction pendant vingt ans.
Le temps et les efforts que Katharine a mis dans le musée ont été extraordinaires. Elle a utilisé ses contacts et ses ressources financières pour localiser et récupérer des artefacts de l’époque de l’occupation française. Un exemple de ses efforts a été celui de récupérer la Croix de Louisbourg qui avait été emportée à Boston par les troupes coloniales du Massachusette en 1745, et qui en était venue à être installée dans la salle du Trésor de la Harvard College Library. Dans les années 1930, après que le Musée de Louisbourg ait été ouvert, Katharine a fait des tentatives répétées, par l’intermédiaire d’un avocat de Boston dont elle avait obtenu les services, pour rapporter la Croix de Louisbourg chez elle. Même s’ils ont échangé entre eux une nombreuse correspondance, le mieux qu’elle ait pu réussir à cette époque, fut de faire construire une réplique, en utilisant l’original comme modèle. Ce n’est qu’en 1995 que la Croix a été retournée par Harvard à Louisbourg par un prêt à long terme. Des lettres détenues à la Bibliothèque James McConnell de Sydney montrent que Katharine a passé beaucoup de temps à correspondre avec des particuliers et des organisations pour essayer de trouver du matériel pour le Musée et authentifier des documents qui avaient été donnés ou achetés. Le Musée, sous sa direction, a acquis une riche collection de matériels provenant de la période. Sa connaissance de la Forteresse de Louisbourg était si détaillée qu’elle a été en mesure de construire une maquette du site qui est toujours montrée dans l’Ancien Bâtiment du Musée aujourd’hui et qui constitue une partie remarquable de la collection de la Forteresse de Louisbourg.
En tant que conservatrice honoraire, Katharine était responsable du catalogage des objets, de l’organisation de la promotion et de la coordination des événements spéciaux. Elle s’est aussi consacrée à des tâches fastidieuses telles que le rassemblement de fragments de porcelaine trouvés sur le site et la couture des écussons des français et des anglais sur leurs drapeaux qui pendaient sur leurs modèles au musée. Katharine a écrit une brochure sur le site, Une Brève Histoire de Louisbourg, et quand il devint difficile de trouver des exemplaires du livre de son père, Katharine a financé plusieurs nouvelles éditions. Elle a contribué à sensibiliser les populations locales à la Forteresse de Louisbourg et à son histoire en donnant des conférences à des groupes communautaires et à la radio.
Katharine McLennan a travaillé sans relâche à construire le Musée de Louisbourg. Souvent, ce travail a été accompli discrètement et efficacement dans les coulisses. Les résultats de ses travaux n’étaient pas toujours immédiatement apparents mais ils ont contribué à édifier sur les bases et ils ont abouti plus tard à la construction de la Forteresse de Louisbourg.
Katharine, travaile sur le modèle à l'échelle.
The Cape Breton Regional Library.
Dans Une Brève Histoire de Louisbourg, Katharine explique son engagement à l’égard du Musée : « Le musée a été construit avec la conviction que la mémoire visuelle est un complément nécessaire à un passé vivant, et il est beaucoup plus éblouissant que le plus éloquent des mots ». Aujourd’hui, la mémoire visuelle à Louisbourg est un véritable « passé vivant » avec une grande partie de la Forteresse reconstruite et des animateurs en costume d’époque qui accueillent les nombreux visiteurs nationaux et internationaux.
Dans un article du journal Globe and Mail paru en septembre 1971, John Lunn, ancien surintendant de Louisbourg a fait ce commentaire sur le rôle de Katharine McLennan dans la restauration de la Forteresse de Louisbourg : « pratiquement seule », dit-il, « elle a fondé et financé le Musée de Louisbourg et elle en a été le conservateur actif pendant vingt ans. Pendant un plus grand nombre d’années, elle a été membre du Comité de Restauration et avec ses manières de faire propre à une femme, elle a persévéré avec les autorités jusqu’à ce que quelque chose soit réalisée ».
Katharine McLennan a fait encore beaucoup plus de contributions à la communauté locale dans laquelle elle vivait. En 1959, elle s’est impliquée dans la nouvelle bibliothèque Memorial James McConnell récemment prévue en tant que membre du Conseil Régional des Bibliothèque du Cap Breton. Avec les plans de construction d’une nouvelle bibliothèque publique, Katharine à utilisé son influence pour obtenir un financement et a été fortement impliquée dans la planification. Elle a acheté et fait don du terrain sur lequel la bibliothèque existe aujourd’hui. Katharine a continué de soutenir la bibliothèque grâce à la coordination d’événements spéciaux et le don de toutes sortes de livres au cours des années. Katharine a également fait don de la collection d’ouvrages sur Louisbourg ayant appartenu à son père. Plusieurs de ses notes personnelles, des revues, des albums et des souvenirs ont été laissés à la bibliothèque après sa mort.
En février 1951, elle a été faite secrétaire de l’Ordre de Victoria des Infirmières de la division locale. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, Katharine a été impliquée dans le démarrage de la première campagne des donneurs de sang de la Croix Rouge dans la région et elle a voyagé partout dans l’île pour superviser d’autres cliniques. En juin 1946, elle a reçu le prix d’excellence de la Croix Rouge pour ses années de service.
Le modèle d'échelle de Louisbourg.
The Cape Breton Regional Library.
Elle a été l’un des membres fondateurs de la Old Sydney Society, qui a été fondée en 1966 afin de préserver et de restaurer les sites historiques de et autour de Sydney. La société recueille et préserve son patrimoine culturel et naturel et s’efforce de les présenter d’une manière précise et dynamique. Les autres activités philanthropiques de Katharine ont inclus le soutien au Musée de la Saint-Patrick, les Musée de Mineurs de Cap Breton et des dons anonymes de bourses à des étudiants méritants. Elle a également contribué au fond juif par l’intermédiaire du Temple des Fils d’Israël.
Au cours de ses années au service de la communauté, Mademoiselle McLennan a reçu de nombreuses distinctions de divers organismes locaux et nationaux. L’Association Nationale des Bibliothèques l’a honorée en 1960 pour son patronage donné au cours des années comme membre du conseil d’administration et directeur de la Bibliothèque Régionale du Cap Breton. Le Musée des Mineurs du Cap Breton et la Commission du Centenaire de Sydney l’ont récompensé pour les services rendus. Le Club des Femme d’Affaires et Professionnelles de Sydney l’a faite membre honoraire en 1967.
Katharine a été investie comme Officier de l’Ordre du Canada à Ottawa en 1972. Cette distinction lui a été accordée en reconnaissance de ses premiers efforts pour donner vie à la Forteresse, et pour son effort dans la préservation de l’histoire de la région.
Sa passion pour l’histoire de la Forteresse de Louisbourg et son indépendance d’esprit l’ont conduite dans des voies généralement peu suivies par les femmes de sa génération, ce qui fait d’elle un merveilleux modèle pour toutes les jeunes femmes qu’elle a rencontrées.Ce portrait de la vie de Katharine McLennan nous a été fourni par Rosalie Gillis de la Bibliothèque Regionale James McConnell.
© 2009 Rosalie Gillis, Cape Breton Regional Library
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© C@P Society of Cape Breton County, 2009

